Frédéric Geschickt

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Elu pour un an renouvelable  sans passer par la case « Primaires », le 5ème président de Demeter France fait le point sur la biodynamie et dévoile les grandes lignes de son action  à venir.

Fred-Geschickt

  »Biodynamie : des résultats évidents sur le plan de la qualité des produits »


Vous êtes le  5ème président de Demeter France mais le premier vigneron à occuper ce poste. C’est le signe d’un changement?
Frédéric Geschickt  : le président n’est pas choisi en fonction de son activité. Ce poste concrétise le long investissement dans l’association qui est le mien depuis 1998.  Je ne serai pas le président des vignerons -ce n’est pas l’image de Demeter -, mais celui de tous les biodynamistes, transformateurs, éleveurs, agriculteurs ou maraîchers. 
 
Comment se porte la biodynamie en France en 2017 ?
Frédéric Geschickt   : la biodynamie  se porte  bien. Demeter représente 1 000 ha  (certifiés ou en cours) et compte 660 adhérents – 385 vignerons, certifiés ou en conversion, 171 producteurs et 104 transformateurs et distributeurs. Ce nombre est en progression continue, + 10% par an depuis 10 ans, et près de 20% en 2016. La grande force de la biodynamie est double, elle  réside à la fois dans ses résultats évidents quant à la qualité des produits  et sur son socle théorique très stable,  à savoir le Cours aux agriculteurs de Rudolf Steiner de 1924. Cette base, sur laquelle nous nous sommes construits, nous permet d’avancer avec une vision forte  par rapport à la vision mécaniste actuelle de l’agriculture.
Quels vont être les grandes lignes de votre programme ?
Frédéric Geschickt   : le premier axe est  la promotion de la biodynamie en direction des agriculteurs avec entre autres la multiplication des colloques, des séminaires d’information et  de formation. Le deuxième axe  est complémentaire : il s’agit du travail de certification. Le but est de  définir ce qu’est une préparation, ce qu’est un compost, etc. Ce travail est fondamental aujourd’hui dans la mesure où se développe un business autour de la biodynamie avec la mise sur le marché de préparations, d’engrais, prêts à l’emploi,  dont nous devons  assurer la traçabilité.  Nous avons ainsi commencé à travailler sur les différents matériaux à utiliser pour les dynamiseurs, pour définir ceux qui conviennent et ceux qui ne conviennent pas comme les matériaux de synthèse. Nous ne voulons pas que s’installe une biodynamie à deux vitesses.
Les consommateurs ont du mal à trouver les produits en biodynamie sur le marché. Que comptez-vous faire pour leur assurer une meilleure visibilité ?
Frédéric Geschickt  : notre tâche est double, non seulement accroitre la visibilité du biodynamie  auprès du grand public mais aussi et surtout avoir des produits à proposer. Nous allons donc investir dans la promotion interne afin d’augmenter l’offre disponible. Jusqu’à présent nous étions importateurs de céréales, depuis cette année, la tendance s’est inversée et nous sommes devenus exportateurs pour la première fois en 2016. Nous devons donc monter des filières pour pouvoir proposer de plus en plus de produits.  Parallèlement nous allons développer un plan de communication grand public, les consommateurs sont de plus en plus attentifs à ce qu’ils consomment. Nous allons ainsi mettre sur pied une présence accrue dans les magasins bio notamment, dans les foires bio, avec le MABD (mouvement pour l’agriculture biodynamique), structure sœur.   Et accroître notre présence  sur les réseaux sociaux, internet via notamment notre site (www.demeter.fr) et notre newsletter.
Qu’est-ce qu’un grand vin pour vous ?
Frédéric Geschickt  :  un grand vin c’est quelque chose qui a le pouvoir  de relier une personne à un terroir. Et en même temps de provoquer l’émotion.